Généalogie de la lignée Yang

 

Les 3 cercles de la transmission 

Il est difficile de présenter une généalogie qui intègre toutes les branches du Tai Chi au fil de siècles. Certaines se sont éteintes, faute de transmission, d’autres se sont développées.
Dans le cadre de la lignée Yang, le mode de transmission est le même depuis ses débuts.

Le dépositaire de la tradition enseigne à trois types d’élèves :

  •  les élèves (troisième cercle)
  •  les élèves proches (deuxième cercle) parfois nommés apprentis disciples
  •  les disciples (1er cercle ou cercle intérieur).

Un maître enseigne tout d’abord à de nombreux élèves les bases de son art. Parmi ceux-ci, des élèves plus doués et plus motivés se distinguent progressivement et deviennent des élèves proches.
Au fil du temps, quelques-uns sollicitent l’honneur de devenir disciple. Cette demande est systématiquement refusée.
Le postulant s’entraîne alors encore et encore pour améliorer son niveau. Après quelque temps, il réitère sa demande ; rejetée la plupart du temps. Cela se répète durant plusieurs années… L’objectif du maître étant de tester la motivation de son élève.
Econduits plusieurs fois, certains abandonnent leur projet. D’autres persévèrent et montrent qu’ils sont capables d’améliorer encore leur niveau par un travail exigeant.

Devenir disciple

Certaines demandes finissent par être acceptées. L’élève proche est alors nommé officiellement disciple lors d’une cérémonie durant laquelle sont signés des documents en présence de témoins afin de valider ce statut définitif.
Depuis que la photographie existe, maître et disciple sont « immortalisés » dans une scène classique où le disciple se tient debout, en retrait de son maître qui siège de façon hiératique.
A partir de cet instant, le disciple est considéré comme un représentant officiel de la lignée. Ce qui ne le dispense pas de continuer sa formation auprès de son maître, bien au contraire car les enseignements très avancés ne sont en fait dispensés qu’à partir de cet acte symbolique.

Durant les années qui suivent, le disciple parachève sa formation. Celle-ci varie bien-sûr en fonction des aptitudes de chacun mais il est raisonnable de considérer qu’entre les débuts auprès du maître et la fin de la formation, il se sera écoulé une vingtaine d’années.

 

 

Transmission au sein de la famille Yang 

La tradition Yang veut que les fils aient le statut de disciple-héritier. Dans les temps anciens, on ne demandait guère leur avis aux enfants. Bon gré mal gré, ils devaient se plier aux rigueurs des entrainements intensifs. Ce qui n’était pas du goût de tous. Certains fuirent le domicile familial afin d’y échapper mais ils furent vite rattrapés …
La rigueur de la tradition familiale ne produit pas pour autant systématiquement un pratiquant doué ou motivé. Ce qui explique que certains membres de la famille Yang n’ont pas laissé de traces significatives ni de successeurs.
La civilisation chinoise étant patriarcale, les femmes, destinées à s’installer dans la famille de leur mari, n’étaient guère formées car cela faisait courir le risque de voir les secrets passer aux mains d’un autre clan. Ceci explique leur absence dans la lignée.

Les disciples de la lignée Yang 

La généalogie présentée est celle de la lignée Yang depuis son origine. Ne disposant pas de suffisamment de place pour une revue exhaustive, nous avons établi une sélection selon les critères suivants. Nous sommes conscients que ceux-ci paraitront arbitraires à certains.

  •  être disciple officiel (nous avons exclu les apprentis-disciples).
  •  avoir suivi un enseignement durant 15 ans minimum auprès de leur maître.
  •  être l’un des premiers disciples car dans la tradition seuls les trois premiers reçoivent l’enseignement complet.
  •  avoir fondé une école de quelque importance.

Pour ces raisons, nous avons omis Cheng Man Ching resté seulement 7 ans auprès de Yang Chen Fu ; Robert Boyd, dont le maître (Ip Tai Tak) est décédé moins de 2 ans après qu’il ait commencé sa formation ; Yang Zeng Duo dont le père, Yang Chen Fu, est décédé alors qu’il n’avait lui-même que 9 ans. Sa formation a été assurée par d’anciens élèves de son père et quelque temps par son demi-frère, Yang Sau Chung.  

Nous présentons nos excuses à ceux que nous avons peut-être oubliés ou pour lesquels nous n’avions pas de renseignements suffisamment précis. N’hésitez pas à nous signaler une lacune.

 

Jean Pierre

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