Origines du Qi Gong

 

Le terme Qi Gong ou Chi Kong est constitué de deux caractères :

Qi, qui renvoie à la notion de Souffle, développée en médecine chinoise, en Tai Chi ou en méditation taoïste et Gong qui peut se traduire par travail, réalisation, maîtrise, discipline.

La traduction la plus simple serait donc « travail sur le Souffle ».
Le terme de Souffle ne trouvant guère de synonyme en occident, il a été généralement traduit par énergie. Cela ne correspond pas exactement au sens de Qi mais c’est une traduction suffisamment proche pour être conservée.

La pratique du Qi Gong est attestée au II° s. avant notre ère grâce à la découverte d’une bannière sur le site archéologique de Ma Wang Dui (1). Celle-ci fut retrouvée dans la tombe d’une noble de l’époque Han, avec notamment des rouleaux de soie traitant du Yi King.
Cette bannière représente des postures d’étirement, d’enroulement et ce qu’on en voit laisse penser à une forme de gymnastique assez tonique.

Les Qi Gong proviennent d’enseignements de diverses natures. Ils venaient en complément de pratiques martiales, médicales ou spirituelles et s’intégraient dans des corpus théoriques dont les objectifs étaient fort différents. Dans les milieux martiaux, on utilisait des techniques visant à renforcer le corps ou augmenter une puissance de frappe, dans les milieux médicaux, le but était de compléter des traitements d’acupuncture ou de phytothérapie et dans les courants spirituels ils s’associaient à des pratiques visant à modifier des états de conscience.

Tous ces courants ont développé au fil des siècles des pratiques adaptées à leurs objectifs. Hormis pour les Qi Gong à caractère médical transmis aux patients pour se soigner, il faut garder à l’esprit qu’il a toujours existé deux types d’enseignements : ceux qu’on laissait voir ou acceptait de transmettre à l’extérieur de l’école et ceux qui étaient strictement réservés aux disciples de ces voies martiales ou spirituelles et ne se transmettaient que de maîtres à disciples sous le sceau du secret.

Il paraît évident que lorsque l’on possède des techniques qui renforcent une puissance de frappe ou bien la capacité à recevoir des coups, on ne les disperse pas à tous vents, au risque d’alimenter l’école rivale et un jour d’y être soi-même confronté…
Dans le cadre des voies spirituelles, ces pratiques s’associaient à des cheminements énergétiques  complexes ainsi qu’à une discipline psychologique et philosophique nécessitant un engagement total de la personne. Il était donc essentiel de les conserver secrètes car une mauvaise utilisation de celles-ci pouvait se retourner contre le pratiquant mal formé.

Chaque courant a produit ses propres pratiques ou parfois les a empruntées à d’autres en les modifiant. C’est pourquoi il existe une profusion de techniques qui appartiennent à la médecine, aux arts martiaux, aux courants taoïstes, bouddhistes et même confucianistes. Celles-ci portaient parfois des noms emprunts de poésie : les 8 Pièces de brocarts, la Culture de la lumière de l’esprit ou plus prosaïquement, les 14 méridiens ou la méthode des muscles et tendons

Les techniques rendues publiques se répandirent dans toutes les couches de la population et furent pratiquées à plus ou moins grande échelle, formant un ensemble assez disparate. On y trouvait à une extrémité des pratiques gymniques, souvent d’origine familiale et sans autre prétention qu’assouplir le corps, des pratiques structurées et rigoureuses appartenant au monde médical et des pratiques associées aux trois grands courants spirituels de l’époque. Ainsi bien sûr que des mélanges entre toutes ces approches.
Ils s’y côtoyaient donc le meilleur comme le pire, le structuré comme le fantaisiste, le réaliste comme le mythique… Incroyable richesse si on la prend dans sa globalité.

On peut considérer que seuls les Qi Gong thérapeutiques surent garder un cadre de référence cohérent et précis car associés aux théories de la médecine traditionnelle et donc toujours confrontées aux exigences du soin.©

(1) Lien vers Wiki Mawangdui

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Jean Pierre

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