Les sources des Qi Gong contemporains

 

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Comme nous l’avons vu, la plus ancienne représentation graphique de ce qui peut être considéré comme des Qi Gong remonte à la dynastie Han (206 avant notre ère à + 220). Bien que depuis la découverte de cette peinture de nombreuses écoles se réclament des Qi Gong de Mawangdui, personne n’est en mesure de savoir avec certitude ce qu’étaient réellement ces mouvements ou postures.

On peut néanmoins identifier quelques sources des Qi Gong pratiqués aujourd’hui :

  • A l’époque des Han postérieurs (25-220) le célèbre médecin Hua Tuo (1) invente le Jeux des 5 animaux : tigre, ours, grue, cerf et singe. Cette pratique s’inspire des qualités physiques et comportementales de ces animaux et cherche à les acquérir par une sorte de mimétisme gestuel, associé à des pratiques respiratoires. C’est une excellente gymnastique.
  • Durant les 3 Royaumes (220-265) : Xi Kang écrit le Yang Shen lu (Nourrir la vie) dans lequel il pose les bases de l’hygiène de vie, de la gymnastique, du massage des techniques respiratoires et diététiques. Son travail fonde les pratiques du Qi Gong moderne.
  • Puis lors de la dynastie Jin (265-420) Ge Hong écrit le Baopuzi Neipian qui traite entre autres de la conduite du souffle (Chi), de gestuelles favorisant sa circulation, le tout fondé sur les grandes théories de la médecine traditionnelle énergétique.
  • Pendant les Dynasties du Nord et du Sud (420-589) et d’après la légende, Bodhidharma introduisit dans les monastères bouddhistes le Yi Jin Jing (étirer les muscles et les tendons) afin d’entretenir et renforcer le corps des moines qu’il avait trouvés physiquement affaiblis, conséquence des longues heures consacrées quotidiennement à la méditation. La légende veut que ce soit aussi Bodhidharma qui introduisit une pratique martiale venant d’Inde et qui servit de base à la création du Kung Fu. Les historiens chinois sont assez dubitatifs à l’égard de cette légende…

La Dynastie Song (960-1279) fut l’une des périodes les plus riches en ouvrages et commentaires sur les pratiques énergétiques : 

  • C’est durant cette période que le maître taoïste Chen Tuan met au point les Hsio Chen, exercices des 24 Périodes de l’année. Cette pratique vise deux grands objectifs : l’équilibrage des méridiens tendino-musculaires (équivalent aux notions de chaînes musculaires développées en occident par la technique Mezières ou par l’ostéopathie) et l’harmonisation des systèmes énergétiques de l’homme avec les énergies saisonnières. La tradition divisant l’année en 24 périodes énergétiques spécifiques, ce système propose 24 exercices visant à maintenir l’équilibre entre la personne et son environnement subtil.
  • C’est aussi durant cette période que Yue Fei crée les Ba Duan Jin (8 pièces de brocart). Cette pratique est généralement transmise dans son aspect gestuel mais il en existe une version beaucoup plus sophistiquée et puissante, d’un usage délicat et presque inconnue du grand public.
  • Durant la dynastie Ming (1368-1644) Zhou Lujing rédigea « La moelle du phénix rouge » dans lequel figurent des exercices de Dao Yin et de Qi Gong. On y trouve aussi des dessins du Jeux des 5 Animaux du médecin Hua Tuo.
  • A la même époque, Luo Hongxian rédigea le Weisheng Zhenjue (Formules pour se maintenir en bonne santé) et le Wanshou Xian Shu (Livre des Immortels) qui décrivent de nombreux exercices respiratoires taoïstes.

Il existe actuellement de très nombreuses techniques de Qi Gong dont la plupart provient de celles citées précédemment : Jeu des 5 animaux, Yi Jin Jing, Hsio Chen et Ba Duan Jin

A celles-ci s’ajoutent les techniques millénaires ou récentes développées dans les milieux médicaux.

(1)- Médecin Hua Tuo

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Jean Pierre

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