Le Yi King-1

Le Yi King ou Livre des Transformations est un outil millénaire dédié à la connaissance de soi.

Formation au Yi King

Le Livre des transformations

Le Yi King exerce depuis plus de 2000 ans une incroyable fascination en Chine ainsi qu’en Occident. Considéré par les uns comme un ouvrage de divination, par les autres comme un manuel de philosophie, il a traversé les siècles, survivant aux autodafés, aux révolutions ainsi qu’au New Age.
L’origine du Yi King se perd dans la nuit des temps. Les historiens, archéologues et linguistes sont d’accord pour considérer qu’il est l’aboutissement de pratiques divinatoires remontant au moins à 1200 ans avant notre ère. 

Yi King et divination

A l’origine, ces pratiques divinatoires répondaient aux interrogations sur l’abondance des récoltes à venir, sur la pertinence d’une alliance avec tel clan, si une guerre avec les voisins serait victorieuse etc…Ces questions portaient la plupart du temps sur des devenirs collectifs. La consultation des « oracles » nécessitant le sacrifice d’un bœuf puisque les manipulations oraculaires se faisaient à partir des omoplates de l’animal, seule une communauté pouvait supporter le coût d’un tel rituel. Au fil du temps, les devins passèrent des omoplates de bœuf aux carapaces de tortues, beaucoup moins onéreuses puis à des techniques de manipulations aléatoires de chiffres. L’oracle devint alors plus accessible à l’individu et s’ouvrit à la singularité de ses interrogations. 
Durant des siècles, les devins se livrèrent à un classement méticuleux des informations collectées. Questions, réponses, contextes, résultats, tout ceci fut ordonné en de gigantesques banques de données. Cette méthodologie permit d’affiner les réponses, de comprendre les liens entre différentes situations, de classer les questions en fonction du résultat ou l’inverse. 
On peut résumer ce travail titanesque mené au fil du temps comme étant une recherche méthodique sur les causes initiales et leurs conséquences.
Comprendre la façon dont l’arbre se concentre dans la graine pour comprendre le déploiement futur de la graine en arbre.
Nous sommes probablement face à ce qui ressemble à la plus gigantesque étude psychologique et sociologique de tous les temps… Les recherches archéologiques font état de centaines de milliers de notes divinatoires accumulées au fil des siècles, classées, datées, contextualisées et suivies dans leurs déroulements et leurs résultats.

De génération en génération, les devins sont devenus de fins observateurs de l’humain et de ses problématiques. De l’étude des comportements, des interrogations, des difficultés, ils ont fini par extraire des thèmes répétitifs, des schémas partagés. Ils ont mis à jour les moteurs de nos comportements ainsi que les fondements de nos aspirations. Ils ont aussi réfléchi sur nos nécessaires améliorations afin de devenir plus sages et plus aptes à gérer nos vies.
Progressivement, la dimension oraculaire s’est effacée au profit d’une démarche de conseil, nourrie des philosophies taoïste d’abord, puis confucianiste ensuite.
C’est une bascule fondamentale car du statut d’objet aux mains de puissances supérieures, l’homme est devenu responsable de ses choix et de son devenir. Il est devenu par la même occasion un individu, distinct de la collectivité dans laquelle il s’inscrivait.

Yi King et Hexagrammes

La méthode utilisée par les devins a mené à un ensemble de représentations symboliques en 64 figures de base nommées Hexagrammes. Ces 64 figures représentent des situations génériques qu’il convenait de mettre en relation avec la problématique du consultant. La pratique évolua progressivement vers un système où chacune de ces 64 figures pouvait sous certaines conditions, se transformer dans l’une des 63 autres (ou pas). Le nombre de situations possibles passa alors à 4096, permettant ainsi d’affiner les réponses ou les conseils.
Dans le même temps une profonde réflexion fut menée, qui conduisit à considérer les hexagrammes comme étant constitués de trigrammes, matériaux irréductibles qu’il convenait d’analyser et de comprendre puisque briques élémentaires du système. Cette démarche est essentielle car elle mène d’une infinité de situations individuelles observées à une représentation symbolique réduite à 64 schémas puis à 8 symboles de base permettant de construire n’importe lequel des 64 hexagrammes. La substantifique moelle … C’est en quelque sorte une démarche scientifique qui mène de l’observations des innombrables phénomènes aux quelques lois qui les fondent et les expliquent.

Yi King et énergétique traditionnelle

Des courants aussi différents que la médecine traditionnelle ou l’alchimie taoïste ont trouvé dans ces représentations symboliques un écho à leurs propres théories et enseignements. A partir de cet instant, les symboles du Yi King ont échappé au monde de la divination pour entrer dans ceux de la médecine et des pratiques d’éveil liées à la méditation taoïste. Ces symboles ont alors acquis une universalité, fruit de siècles d’observation de l’humain et de son interaction avec l’environnement.
On peut considérer qu’à partir du 2ème siècle se mettent en place plusieurs traditions du Yi King. La plus connue étant celle qui se fonde sur les hexagrammes et les textes oraculaires qui leur ont été associés à cette même époque. Une autre, médicale, qui utilise ces figures symboliques afin de représenter les lois de la médecine énergétique et enfin, l’approche taoïste, qui utilise ces mêmes symboles afin de décrire dans un langage réservé aux initiés les processus énergétiques mis en œuvre dans le cadre des pratiques méditatives.
L’ouvrage que l’on connaît actuellement sous le nom de Yi King et finalisé sous la dynastie des Song (920-1279) ne reflète essentiellement que la première approche, à savoir les textes associés aux hexagrammes. C’est cette version qui est utilisée par les personnes qui consultent le Yi King, en général à des fins philosophico-divinatoires. 
Rappelons que l’association des hexagrammes et des textes liés aux traits qui les composent ne date que du 2ème siècle. Le plus ancien Yi King retrouvé ne comportant que les hexagrammes, avec leur nom, sans aucun texte oraculaire, il paraît légitime de s’interroger sur les raisons de cette association tardive ainsi que sur les critères qui ont présidé à celle-ci. Il paraît aussi nécessaire de questionner le sens des Hexagrammes et Trigrammes lorsqu’ils sont détachés d’un contexte oraculaire.
Les approches méditatives et médicales, totalement séparées de la divination, ne se fondent que sur les seuls matériaux incontestables que sont les hexagrammes, les trigrammes et leurs divers arrangement symboliques.
Seules ces approches peuvent fournir des informations précises et utilisables sur la situation du consultant, à condition bien évidemment de connaître les méthodes de lecture directe.

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Suite le 25 mai

Jean Pierre