Les bienfaits du Tai Chi

 

 

Tai Chi et proprioception.

En Tai Chi, le corps est le support de la pratique. Il est le lieu privilégié où s’expriment nos adaptations, notre état énergétique et notre représentation du monde intérieur et extérieur. Corps, énergie, conscience interagissent en permanence afin de préserver notre équilibre général. Les adaptations réussies de même que les désadaptations s’inscrivent dans ces 3 niveaux.

Le Tai Chi se fonde sur un enchaînement de mouvements lents et précis.
Seule cette lenteur permet d’habiter chaque « moment corporel » et ainsi de développer la sensibilité proprioceptive et la qualité d’attention.

Au fil de la pratique, le schéma postural s’affine, la structure corporelle se rééquilibre, Le corps détendu peut alors s’ouvrir à l’expérience de l’enracinement. Agissant comme une « prise de terre », l’ancrage permet l’écoulement des énergies bloquées dans le haut du corps, libérant la personne du stress accumulé et laissant place à une présence apaisée.

La pratique du Tai Chi réaligne en profondeur les articulations, les segments osseux et accorde le corps à la verticalité Terre-Ciel, si chère à la médecine traditionnelle chinoise. Les chaînes musculaires phasiques, liées au mouvement, travaillent avec moins d’effort, sans devoir s’engager dans la compensation des déséquilibres posturaux. S’installe alors une véritable synergie entre posture et tonicité. (1)
Les mouvements deviennent plus souples, gagnent en amplitude et sont réalisés avec aisance.
La pratique du Tai Chi oblige à une adaptation posturale de chaque instant. Ces constants réajustements développent progressivement une proprioception plus fine (voir le documentaire 6ème sens) ainsi qu’une amélioration de l’équilibre (3).

Tai Chi et fascias.

La cohérence posturale implique une répartition juste et uniforme des forces mises en jeu. Plus que les os et les muscles, les fascias jouent un rôle fondamental dans cette répartition. Ceci est confirmé par de nombreuses recherches scientifiques qui soulignent la part prépondérante des fascias dans la bonne conduite des forces et donc dans la stabilité des structures.

En effet, tous les éléments du corps, os, muscles, artères, organes, etc…sont emballés dans un tissu conjonctif appelé aponévrose ou fascia. Reliant le haut et le bas, la surface et la profondeur, l’ensemble de ces fascias constitue un maillage unifié assurant la tenségrité du corps. Celle-ci se définit comme la faculté d’une structure à se stabiliser par les jeux de tensions et de compressions qui s’y répartissent et s’y équilibrent. 

Les enseignements de la lignée Yang proposent un travail spécifique et rigoureux sur l’ensemble des fascias, en insistant particulièrement sur l’importance des mouvements amples.
D’une grande précision, ces mouvements permettent une tension juste des fascias, favorisent la respiration et ouvrent à la circulation de l’énergie en libérant le mouvement. Ils développent ainsi un état d’unité et de présence particulièrement intenses.

La pratique du Tai Chi élabore progressivement un schéma corporel plus fin, fondé sur une structure cohérente et donc plus solide. Elle induit une plus grande confiance en soi, une meilleure stabilité psychologique, une régulation de l’humeur ainsi qu’une diminution de l’anxiété.

Bref, un mieux-être général …

 

Stéphane.

 

 

(1) http://www.chups.jussieu.fr/polysPSM/anatfonctPSM2/poly/POLY.Chp.3.html
(2)https://www.mediosteo.fr/bibliotheque/Taichietproprioception%20-%20copie.pdf
(3)https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2012/06/medsci2012285p454/medsci2012285p454.html
(4) Fascias : rôle des tissus dans la mécanique humaine de Serge PAOLETTI, éditions Sully.