Yi King

une voie d’évolution traditionnelle

Utilisé depuis plus de 2000 ans en Chine, le Yi King est un ensemble de 64 figures appelées Hexagrammes auxquelles sont rattachés 64 textes qui décrivent dans un langage symbolique les différentes étapes dans lesquelles est impliquée toute personne au cours de son évolution.

Présentation

La consultation, par la manipulation aléatoire de pièces ou de baguettes d’achillée, permet d’obtenir un hexagramme, reflet de la situation du consultant et réponse à son questionnement.

Cette figure symbolique met en relation les parties conscientes et inconscientes de notre psychisme, favorisant ainsi l’intégration d’informations restées hors de notre portée mais néanmoins fondatrices de notre vie psychique.

Ce processus fut décrit par C.G. Jung, passionné de Yi King, dans le cadre de sa théorie sur la synchronicité.

Le Yi King est un moyen efficace de mettre à jour et de comprendre nos stratégies, nos limites et de découvrir nos ressources.

Il permet ainsi de porter un regard différent sur les difficultés que nous rencontrons dans notre vie et sur notre responsabilité dans celles-ci.

De nouveaux choix sont alors possibles. Outil de connaissance de soi, il permet d’orienter efficacement le travail que chacun fait sur lui-même tout au long de sa vie.

Son approche est aussi une excellente manière d’aborder les aspects essentiels de la culture chinoise traditionnelle car il en est l’une des plus hautes expressions. Le Yi King fait partie d’une tradition bien vivante qui s’exprime encore de nos jours dans différents domaines tels que la médecine énergétique chinoise, le Taï Chi Chuan ou le Yoga Taoïste.

Textes traditionnels

La pratique du Yi King la plus répandue actuellement consiste en une lecture des textes associés aux hexagrammes puis à une interprétation de ceux-ci. Ce procédé permet au consultant de se laisser toucher parfois par la puissance évocatrice de certaines métaphores ou images.

Néanmoins, cette pratique soulève de nombreuses questions concernant la validité de la traduction des textes, la compréhension des référents culturels tels que la symbolique, les formes poétiques, les allusions historiques qui remontent pour la plupart à plus de 2500 ans et d’une façon plus générale les difficultés rencontrées par l’interprétation de textes à caractères oraculaires.

Pour se persuader du problème inhérent aux traductions, il n’est que de comparer les différentes versions françaises et anglaises pour s’apercevoir que chaque traducteur décide en grande partie du sens à donner aux textes, ce qui mène à des interprétations fréquemment divergentes, voire opposées.

La lecture dans le texte d’origine ne résout pas la question; il suffit d’en demander interprétation à quelques lettrés chinois pour s’apercevoir que même l’accès aux écrits canoniques ne met pas à l’abri de nombreuses interprétations et contradictions.

En effet, le dessin des caractères chinois ainsi que leur sens ont subi de nombreuses modifications au fil des siècles rendant toute interprétation délicate. Cette difficulté se retrouve d’ailleurs dans tous les écrits anciens, qu’ils soient philosophiques médicaux ou religieux. Il est fréquent de constater qu’un idéogramme est utilisé pour un autre, du fait de son homophonie et de sa plus grande simplicité d’écriture. La plupart de ces textes étant destinée à être lue à haute voix, cette pratique posait moins de problèmes; à charge pour l’auditeur de décider du sens en fonction du contexte.

Il est fréquent, encore aujourd’hui, lors d’échanges d’informations complexes, de voir les interlocuteurs dessiner sur leur main un idéogramme que ni la prononciation ni le contexte ne permettent d’identifier de façon certaine. Ce flou de la langue chinoise fonde sa richesse mais aussi sa faiblesse quant il s’agit d’informations précises.

A titre d’exemple, l’idéogramme Li qui nomme l’un des 8 trigrammes du Yi King ( dont le sens retenu dans la plupart des traductions est s’attacher), possède les sens suivants: rencontrer, appartenir, adhérer et aussi… quitter, se séparer, s’éloigner de, s’écarter de (Dictionnaire français de la langue chinoise, Institut Ricci). Fonder la consultation du Yi King sur l’interprétation des textes associés aux Hexagrammes apparaît pour le moins peu fiable et en tout cas très limité.

Par ailleurs, il paraît évident que si le texte est contenu dans l’Hexagramme, celui-ci possède alors un sens plus large et plus riche que sa transcription littéraire condensée. Quelques mots ne peuvent épuiser le sens d’un symbole, en particulier quand il traite à la fois d’alchimie, d’énergétique et de psychologie.

Pour ces raisons, nous avons débuté il y a 40 ans une recherche visant à dépasser la lecture des textes associés aux Hexagrammes et à retrouver leur sens par une analyse rigoureuse des matériaux qui les constituent. Trigrammes, traits et mutations en sont les fondements.

Dans ce sens, nous citerons l’avis de l’un des plus grands sinologues contemporains, Marcel Granet :

« Soixante quatre dessins, les Hexagrammes, composent à eux seuls le véritable texte du Yi King, tout le reste n’est que commentaire, amplification, légende… »
(La pensée chinoise, Albin Michel)

Documentation

L’oeuvre présentée ci-dessus ainsi que la documentation téléchargeable ont été réalisées par Philippe Thiriot.