Tai Chi et Posturologie-1

Le Tai Chi et la Posturologie sont deux techniques de reprogrammation posturale.

Tai Chi et Posturologie

Tai Chi et Posturologie

Le corps humain est soumis en permanence à la force de gravité contre laquelle il doit lutter pour maintenir sa verticalité. Cela nécessite l’action de muscles posturaux qui travaillent de manière quasi permanente en posture assise et debout.

Les activités qui permettent de développer la force et la coordination des muscles posturaux pourraient ainsi permettre d’améliorer notre posture.

C’est le cas du Taï Chi, dont la pratique inclut la prise de conscience du corps et le contrôle des actions musculaires. C’est aussi le cas de la Posturologie qui est une approche du patient dans sa globalité. 

Pour ces raisons, Taï Chi et posturologie peuvent conjointement se révéler pertinents et efficaces dans le maintien de notre posture assise et debout.

Le maintien d’une posture verticale

La pesanteur agit de haut en bas et on réagit de bas en haut. Le corps humain est un système articulé qui met en tension et en relation de nombreux chaînons articulaires et musculaires. En observant notre entourage, on peut remarquer que maintenir une tête droite n’est pas chose facile. On lutte contre la gravité en permanence.

La posture debout est très souvent comparée à celle d’un pendule inversé (1-2). En position debout statique, l’homme oscille du fait de perturbations venant de certaines caractéristiques physiologiques qui nous maintiennent en vie (homéostasie), telles que la respiration, la dynamique des fluides etc… Ces oscillations observées au sommet du crâne, sont de faibles amplitudes angulaires ; elles se situent entre zéro et quatre degrés.

Le maintien postural statique vise à placer le corps dans une configuration géométrique donnée. Dans ce but, on utilise des mouvements qui s’organisent autour des chevilles et des hanches afin d’essayer de compenser les déplacements du centre de gravité qui l’éloignent de ses valeurs de référence. Le contrôle de l’équilibre sur des surfaces d’appuis aussi réduites que les pieds, s’avère en fait très complexe et mobilise en permanence les muscles posturaux. 

Dans son quotidien l’homme se livre à de nombreuses activités sans avoir à prêter attention à la régulation de son système postural. Cependant cet automatisme passe par une période d’apprentissage. 

La pratique du Taï Chi en est un exemple car elle nous enseigne des réflexes de maintien plus cohérents.

  1. Nashner L.M. (1970) Sensory feedback in human posture control. Thèse de Sciences. M.I.T., Cambridge.
    Nashner L.M., Mc Cordo P.J., Relation of automatic postural responses and reaction-time voluntary movements of human leg muscles. 1981 
  2. Gagey P.M., Bizzo G., Bonnier L., Gentaz R., Guillaume P., Marucchi C., Villeneuve    P., Huit leçons de posturologie, Association Française de Posturologie, Paris 1990. Bernard Weber, Pierre-Marie Gagey, Posturologie : Régulation et dérèglements de la station debout. Editeur : Masson.1995


https://sofpel.com
Société Francophone Posture Equilibre et Locomotion.
Société savante de référence. 

La Posturologie

La posturologie permet d’étudier la stratégie de posture qu’une personne utilise pour le maintien de sa verticalité. Puis elle la définit et détermine un traitement adapté au dysfonctionnement en prenant en compte la fonction des différentes entrées sensorielles. 

Son action repose sur un travail en réseau entre professionnels de santé (médecins, podologues, ostéopathes…). Son objectif est d’améliorer la fonction posturale du corps humain à travers diverses approches thérapeutiques : semelles de posture, manipulations vertébrales…

La posturologie utilise les deux grands systèmes de perception que sont l’extéroception et la proprioception.

L’extéroception : 

L’orientation posturale et la stabilité fonctionnelle dépendent de trois entrées que l’on dit primaires : l’œil, l’oreille interne avec son système vestibulaire comparable à un niveau à bulle et le pied avec ses capteurs podaux sensibles à la pression. Tous sont des capteurs sensoriels car ils informent de la position de notre corps dans l’espace en ramenant l’information de l’extérieur du corps à l’intérieur du corps. On les appelle les extérocepteurs.

L’extéroception est l’ensemble des informations provenant de ces trois entrées. Celles-ci sont acheminées aux structures supérieures (le cerveau, le cervelet) afin d’être traitées.
Puis une fois les informations traitées, elles redescendent par des messages efférents qui donnent l’ordre aux muscles de réaliser certaines actions.

La proprioception : 

Les muscles (les fuseaux neuromusculaires) contiennent des millions de récepteurs qui indiquent leur état de contraction ou de décontraction. Ces capteurs sont sensibles à la pression ou à l’élongation. On les retrouve également dans les tendons et dans la peau. On appelle cela la proprioception. Ces informations intrinsèques renseignent en permanence le cerveau sur la position relative des différentes parties du corps. La proprioception concerne l’ensemble de l’appareil locomoteur et est considéré comme un sens à part entière puisque ce n’est pas un organe (Sherrington 1990).

Extéroception et proprioception sont intiment liées et agissent en synergie.

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Isabelle Rousselet
Podologue D.E.
Posturologue