Qi et Médecine Chinoise -2

La production du Qi en Médecine chinoise

Qi et médecine chinoise

Qi et médecine chinoise

On peut raisonnablement penser que l’idéogramme Qi, en utilisant l’image du riz d’où s’élèvent des vapeurs, a vu le jour sous l’influence de la médecine traditionnelle.

En effet, celle-ci en approfondissant sa vision du vivant, a compris que l’énergie était la résultante de processus digestifs et respiratoires. Le Qi est donc considéré comme une substance subtile (vapeur), issue d’une substance grossière (riz). Ce cheminement de la matière vers l’énergie pose la base d’une classification ultérieure des énergies en grossières et subtiles.

C’est certainement en médecine que le terme Qi recouvre le plus de sens différents ainsi que la plus grande complexité.

Qi est un terme générique qui recouvre de nombreux aspects très différents les uns des autres. Il est donc nécessaire dans la plupart des cas d’adjoindre un second idéogramme qui précise l’aspect considéré. 

On peut schématiquement considérer 3 grandes familles d’énergies décrites par la Médecine Traditionnelle.

Les Qi héréditaires, les Qi acquis et les Qi provenant de l’environnement.

Les Qi héréditaires regroupent le capital génétique légué par nos parents, par notre lignée et par notre espèce (Jing Qi inné) ainsi qu’une présence du Qi Originel (Yuan Qi). 

Les Qi acquis sont issus de l’alimentation (Gu Qi) et de la respiration (Yeung Qi). 

La combinaison de ces trois Qi, héréditaires, respiratoires et alimentaires produit Zhong Qi ou Qi Véritable. 

C’est ce Qi Véritable (Zhong Qi) qui anime l’ensemble des fonctions physiologiques. Il alimente les réseaux de méridiens, sous la forme d’énergie nourricière (Yong Qi), protège la personne, sous forme d’énergie défensive (Wei Qi) et sert de support à la conscience. 

Cet ensemble en permanente recherche d’équilibre interne est aussi confronté à la nécessité de s’adapter aux Qi externes.
Ils sont de diverses natures : Qi climatiques, météorologiques, pour les plus connus mais aussi cosmiques (voir l’article calendrier) et telluriques. Ces derniers sont étudiés par le Feng Shui qui a développé une approche de l’habitat particulièrement complexe.

En ne faisant qu’effleurer les fondements de la MTC, on se retrouve avec un nombre important de Qi différents : Yuan Qi qui traite de l’énergie originelle reçue à la conception, Yong Qi, qui évoque les énergies issues de l’alimentation, Yeung Qi qui désigne l’énergie respiratoire, Zhong Qi qui représente l’énergie véritable, Xie Qi qui correspond aux énergies dites perverses et aussi de Wei Qi, lié à la protection etc… 

Comme on peut le constater, pour la médecine chinoise le terme de Qi n’a pas de signification en lui-même. Il doit être nécessairement complété par un autre idéogramme qui le définit et le contextualise.

La production du Qi

En Tai Chi, le Qi est envisagé principalement sous deux aspects : 

– sa production et circulation naturelles, fondement d’une bonne santé.
– son utilisation dans le cadre martial afin de déployer une puissance plus importante que la force musculaire.

Ces deux utilisations dépendent du même processus de production.

Tout d’abord, le système des 3 Foyers.

Sa description anatomique est la suivante : 

Le foyer inférieur est l’espace global situé entre le périnée et le nombril.
Le foyer moyen est l’espace situé entre le nombril et le diaphragme.
Le foyer supérieur est l’espace situé entre le diaphragme et les clavicules.

Chacun de ces foyers est en charge de diverses fonctions, notamment :

– pour le foyer inférieur, stocker partiellement l’énergie ancestrale (Yuan Qi)
– pour le foyer moyen, réceptionner et traiter les aliments afin de produire l’énergie alimentaire (Gu Qi)
– pour le foyer supérieur, réceptionner et traiter l’air inspiré afin de produire l’énergie respiratoire (Yeung Qi).

Schématiquement, la production de Qi véritable, passe par les étapes suivantes :

Du foyer moyen, l’énergie alimentaire monte au foyer supérieur et rencontre l’énergie respiratoire. Leur mélange et leur interaction produit l’Energie Essentielle (Zong Qi).
Celle-ci est mise en réserve au foyer supérieur.

Du foyer inférieur, l’énergie ancestrale (Yuan Qi) monte au foyer supérieur. La rencontre entre énergie essentielle et énergie ancestrale produit l’énergie véritable ou centrale (Zhong Qi).

Une partie de cette énergie deviendra nourricière, l’autre partie, défensive.

Comme son nom l’indique, le Qi nourricier alimente les organes et fonctions organiques. C’est lui qui circule dans le réseau de méridiens.

Le Qi défensif, assure la thermorégulation et la protection de l’individu contre les attaques extérieures, climatiques, infectieuses etc…

Dans le cadre d’un fonctionnement normal, le système produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Un excédent de Qi peut donc être mis en réserve.
Le Qi étant un processus dynamique, il est impossible de le conserver tel quel. Son stockage nécessite une transformation en ce que la Médecine Traditionnelle Chinoise nomme Jing (Jing acquis). Ce terme peut se traduire par Essence. C’est en quelque sorte une condensation du Qi.
Le Jing est mis en réserve entre autres dans les organes et pour ce qui nous intéresse, dans le foyer inférieur. Bien que l’erreur soit commune et répétée à l’envi, ce n’est pas du Qi qui est stocké au foyer inférieur mais du Jing.

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Jean Pierre

Cayrol Jean Pierre